Délégationdu Finistère

L’enfant et l’étoile de mer

Des milliers d’étoiles de mer s’étaient échouées sur la plage dans la nuit. Or au matin, un petit garçon prit les étoiles de mer une à une pour les remettre délicatement à l’eau.
« C’est une tâche impossible, lui dis-je : il y en a trop pour les sauver toutes !
Peut-être, me répondit-il, mais, pour cette étoile de mer-là, ça fait toute la différence. »
(Conte d’un auteur anonyme)

Étoiles de mer.

Ce matin j’ai croisé un migrant. Assis au bord du trottoir, il tend la main. Je me penche vers lui. Je m’arrête un instant pour lui glisser une pièce avec un simple bonjour, un regard échangé, un timide sourire. Je poursuis mon chemin en pensant avec tristesse et découragement aux milliers de migrants engloutis par les flots, épuisés par leur traversée du désert, rejetés hors de nos frontières ou abandonnés comme des déchets qui saliraient nos trottoirs.

Cet arrêt d’une minute, ce sourire ne sont qu’une goutte d’eau dans un océan de misère et d’indifférence, cela ne changera pas grand-chose à la situation des migrants, en particulier à ceux qui meurent de faim et de soif dans la traversée d’un désert ou ceux que la mer engloutit au passage !

Mais pour ce migrant auquel je viens d’offrir mon sourire en lui souhaitant une bonne journée, ça fait une différence. Quelqu’un s’est arrêté, lui a parlé, lui a souri. Et pour lui, ça change tout peut-être ! L’air qu’il respire a un parfum d’humanité. Tous les visages ont un air plus fraternel. Guidé par la petite lueur espérance, une étoile réapprend à danser sur les flots apaisés de son cœur.

Ne sommes-nous pas tous des « migrants de l’intérieur », en quête d’un pays où coule le lait et le miel ? S’il nous est donné de voir de loin cette Terre promise, ne passons pas, indifférents, devant celui qui, à notre porte ou dans notre maison, fatigué de sa longue et douloureuse traversée, attend un sourire, un mot qui parle de Terre promise, pour se relever et oser la traversée d’une mer Rouge.

Nous ne pouvons pas sauver tous les égarés de la terre. Mais pour celui sur qui nous portons jour après jour un regard qui espère, cela peut faire une petite différence. Des milliers d’« étoiles de mer » échouées sur nos plages ensoleillées attendent une main secourable ! Ouvrons nos yeux, tendons nos mains. Si chacun redonnait, ne serait-ce qu’à l’une de ces étoiles échouées sur les rives de nos vies tranquilles, le retour à une mer accueillante et rassurante, cela pourrait bien changer la face douloureuse de la terre !

- Jeanne Signard -

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