Délégationdu Finistère

Vivre à deux avec 129 € par mois

Ou les aberrations de l’administration

« Je défie quiconque de s’en sortir à deux avec 688 € par mois ; lorsque j’ai payé mes charges fixes, il ne me reste que 129 € pour vivre avec mon enfant de 9 ans. Dans mon éducation, le travail a une valeur. Mais là, je commence à me poser de sérieuses questions. Ma seule façon de survivre, c’est de vivre au jour le jour, sans penser à l’avenir. Je dois me battre pour rester dynamique et positive. Mais j’ai beau retourner ma situation dans tous les sens, je ne vois pas comment m’en sortir. »

Patricia.

Patricia est une femme en colère. Le système qu’elle subit la révolte. Elle a 43 ans et élève seule son enfant de 9 ans. Son parcours est malheureusement celui de beaucoup de gens :

En 2002, elle commence par un CES (contrat emploi solidarité à mi-temps) d’un an dans une école de Brest, avec la moitié d’un smic pour salaire.

Pour survivre, elle enchaîne aussitôt avec des petits boulots dans la restauration et la vente.

En 2003, elle signe un CEC (contrat emploi consolidé) pour 3 ans, en restauration collective.

A l’issue, retour à la case « départ ».

En 2006, elle accepte un remplacement d’été d’un mois : mal lui en prend ! Non seulement son salaire (662 €) est un peu au-dessous de son revenu de secours – ce qu’elle accepte pour pouvoir travailler – mais elle perd son allocation logement (79 €), et doit rembourser dans la foulée 235 € (prétendument indus puisqu’elle travaille !) à la Caisse d’allocations familiales.

Par la suite, elle accepte, faute de mieux, un « contrat d’extra » de 18 h/semaine pendant 4 mois. Ainsi, entre les Assedic partiels et son emploi précaire, elle gagne 700 €. En novembre, elle travaille un peu plus et gagne 798 €. Cela va faire du bien car Noël approche… Mais non ! La CAF lui retire aussitôt ses allocations logement.

Depuis septembre dernier, elle gagne, pour 30 h/semaine, 688 € avec un CDD qu’elle aimerait voir se transformer en CDI. Il n’est pas interdit de rêver...

N.B. : L’équipe de l’action institutionnelle du Secours Catholique va, entre autres, essayer d’agir auprès de la Caisse d’allocations familiales pour dénoncer ce genre de situations et faire évoluer la réglementation vers une plus grande logique d’insertion.

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